Je suis Sidonie-Gabrielle Colette et je suis née le 28 janvier 1873 à Saint Sauveur en Puisaye dans l’Yonne.
Je passe une enfance heureuse en Bourgogne auprès de ma mère athée et féministe, et je lis des grands classiques de littérature. À la fin de mon adolescence, je rencontre Henry Gauthier-Villars, dit Willy, avec qui je me marie le 15 mai 1893.
Nous déménageons à Paris. Grâce à lui, je découvre les cercles littéraires de la capitale. Willy, qui est très friand de littérature, va m’utiliser pour que j’ écrive des romans qu’il signe de sa main. En quelque sorte « prête-plume » de mon mari. C’est ainsi qu’est née la collection des Claudine, tous issus de mon imagination mais signés par Willy. Je m’inspire beaucoup de ma vie pour écrire ces romans d’un nouveau genre.
Mais, entre les tromperies de mon mari et cette utilisation abusive de mon talent, je décide de publier son premier livre Dialogues de bêtes en 1905 sous mon nom, Colette Willy.
J’ entame ensuite une carrière au music-hall en présentant des spectacles pantomimes, très osés pour l’époque. Je divorce de Henry Gauthier-Villars (Willy) en 1906 et j’entame plusieurs liaisons avec des femmes (Mathilde de Morny, Nathalie Clifford Barney ou encore la marquise de Belbeuf). Je profite de ces années de libération pour publier plusieurs ouvrages, comme La Vagabonde, L’envers du music-hall ou En tournée.
Je rencontre ensuite mon second mari, Henry de Jouvenel. De cette union naît ma fille unique, Colette Renée de Jouvenel. Mais mon mari me trompe, et lors de ses absences, je décide d’initier mon beau-fils, Bertrand de Jouvenel, à l’amour. Ce dernier n’a alors que 17 ans lorsque notre relation commence. Cet épisode de sa vie a inspiré mon roman Le Blé en herbe.
Je divorce d’Henry de Jouvenel en 1923. Je fais la rencontre de Léopold Marchand, un grand scénariste de théâtre de l’entre-deux guerres. Nous adaptons ensemble deux romans de Colette, Chéri et La Vagabonde, au théâtre.
En 1925, je fais la connaissance de mon troisième et dernier conjoint, Maurice Goudeket.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, je continue d’écrire, tout en me rendant chez ma fille en Corrèze et en protégeant mon mari de la Gestapo.
En 1945, je suis élue à l’unanimité à l’Académie Goncourt. J’en deviens la première femme présidente en 1949, ce qui est là aussi une grande première.
En 1953, je deviens grand officier de la Légion d’honneur.
Je souffre d'une polyarthrite, une inflammation des articulations qui me fait beaucoup souffrir. Je passe la fin de mes jours auprès de mon mari, affaiblie, et je décède le 3 août 1954.
La réputation sulfureuse de mes romans m’empêche d'obtenir un enterrement religieux, pourtant ma célébrité est telle que des obsèques nationales sont organisées.
Je repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris.