Né en 1882 avec la nationalité suisse dans une Alsace annexée par l’Allemagne.
Si Maurice Burrus naît sous nationalité suisse, c’est parce que sa famille, originaire de Dambach-la-Ville, s’est expatriée en Suisse après que Napoléon, en 1810, a décidé de nationaliser la production de tabac, mesure que ses successeurs assoupliront très vite.
En Suisse, la famille Burrus a d’ailleurs implanté une nouvelle manufacture de tabac, précisément à Boncourt, village frontalier ave la France.
C’est en 1911 que Maurice Burrus prend, avec son cousin André, les rênes de la manufacture de tabac de Sainte-Croix-aux-Mines, déjà la plus importante d’Alsace.
Maurice et André se partagent les tâches : le second s’occupe plus des aspects techniques, tandis que Maurice prend en charge le secteur commercial, notamment l’achat et le négoce du tabac.
Si la manufacture de tabac fait la fortune de Maurice Burrus, la Première Guerre mondiale le voit passer huit mois derrière les barreaux, à Colmar et Mulhouse, pour « manifestation de sentiment anti-allemand ». Sa villa de Sainte-Croix-aux-Mines étant réquisitionné par l’état-major allemand, lui-même refusant de fournir les soldats allemands en tabac, il se réfugie en Suisse. Comme il le fera à Vaison-la-Romaine, durant la Seconde Guerre mondiale, son château étant transformé en centre de formation pour officiers SS.
Après l’armistice de 1918, Maurice Burrus reprend la direction de la manufacture de tabac dont l’État français, nationalisation oblige, est le client unique. Dans le même temps, il multiplie les subventions aux associations, construit des résidences en France ou à l’étranger ou, encore, achète la fameuse forêt de Saoû, dans la Drôme, où il fait notamment construire une réplique du Petit Trianon de Versailles.
Personnalité influente, ajoutant à ses fonctions à la manufacture la direction de la banque du Rhin avant de fonder, en 1923, à Strasbourg, la société de capitalisation financière Esca qu’il présida jusqu’à sa mort, Maurice Burrus ajoute la politique à son arc. Il devient député en 1932, traitant énormément de dossiers d’Alsace-Moselle. Il a eu une influence évidente sur Daladier pour accélérer les travaux de percement du tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines qu’il inaugure en 1937, au côté du président Lebrun.
De 1934 à 1940, il est aussi conseiller général du canton de Sainte-Marie-aux-Mines. Le 10 juillet 1940, il vote les pleins pouvoirs à Philippe Pétain.
En décembre 1940, Maurice Burrus est une nouvelle fois, expulsé d'Alsace et ses propriétés à Sainte Croix-aux-Mines confisquées par les Allemands.
Après la guerre, il est soupçonné de collaboration avec l'ennemi, ce qui lui vaut son inéligibilité en 1946. En fait les soupçons qui lui sont reprochés reposent principalement sur le fait qu'il a voté la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 donnant les pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain. Tous les députés ayant voté cette même loi furent condamnés à la même peine. L'ami de Maurice Burrus, le maire de Vaison-la Romaine, Ulysse Fabre connaîtra la même déconvenue à la Libération
Maurice Burrus se retira à Genève où il s'éteignit en 1959.
Parmi l’élite de la philatélie mondiale figurait Maurice BURRUS, un grand collectionneur alsacien ; sa collection fut vendue de 1962 à 1964.
https://un-petit-coin-des-vosges.over-blog.com/2014/08/la-grande-histoire-de-maurice-burrus.html